Concert à l'Arena Rock
Le jeudi 15 novembre 2007
Bon Jovi : réchauffé avec conviction
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Le groupe Bon Jovi a livré un concert classique d'arena rock, hier soir. |
Paul Journet
La Presse
La quintessence du rock, les années 80? C'est ce qu'on croyait presque hier soir au Centre Bell, à en juger par les quelque 17 550 fans qui assistaient au premier de deux concerts de Bon Jovi.
Les rockeurs quadragénaires lançaient leur tournée canadienne, quelques jours après leurs 10 concerts consécutifs donnés au Prudentiel Center, dans leur New Jersey
natal.
Un concert classique d'arena rock. Arena rock comme dans apothéose des années 80. Hier, des envolées de clavier au son aigu et faussement futuriste trahissaient l'âge de
certaines chansons. Même anachronisme lors des occasionnels abus de pédale wah-wah du guitariste Richie Sambora.
Arena rock aussi comme dans recette éprouvée et éculée. Pas de surprise pour commencer. Bon Jovi a brisé la glace avec You Give Love A Bad Name. Tout comme à son dernier concert
au parc Jean-Drapeau en juillet 2006.
«Suivez-moi pour remonter dans le temps», annonçait-il ensuite. Puis il a commencé un décompte pour nous ramener jusqu'en 1983.
Précisément le même manège qu'à son dernier concert à Montréal. Il racontait aussi la même histoire: celle du jeune effronté qui implorait un DJ de jouer sa musique en 1983. Puis il a entonné
Runaway. Réchauffé, ça a moins bon goût.
Reste que le résultat était très rassembleur, hier. Presque thérapeutique. On aurait dit 17 500 Jerry Maguire qui exultaient en chantant, mais assis ensemble dans un amphithéâtre plutôt que seuls
au volant de leur voiture.
C'était un peu moins le cas toutefois avec les extraits de Lost Highway, dont aucun titre ne s'incruste aussi profondément dans la mémoire que les It's My Life et Have A
Nice Day des disques précédents.
Pour interpréter quelques-unes de ces pièces légèrement country, une violoniste s'était ajoutée aux quatre membres du groupe et à leurs trois musiciens de tournée.
Cette musique était rehaussée par une mise en scène digne des rêves les plus fous de Spinal Tap.
Les lumières s'allument souvent sur la troupe, ce qui donne trois avantages: reluquer Jon et le cuir qui l'habille, inciter la foule à chanter et découvrir le décor original, en forme de
salon.
Grâce aux deux écrans géants, on constate que le groupe donne son proverbial 110 %. Le claviériste David Bryan gémit d'émotion lorsque ses notes aigues dictent la mélodie. Le batteur Tico Torres
prend son souffle avant d'exploser avec trois ou quatre frappes décisives qui annoncent le refrain. Le guitariste Richie Sambora pose pour ses quelques solos de guitare.
Mais c'est Jon qui mène le show. Il chante en souriant. Même avec conviction, comme s'il ne s'était pas encore lassé de Bad Medecine, Livin' On A Prayer et de ses autres tubes.
Il ira même jusqu'à descendre au milieu du parterre pour chanter Bed Of Roses dans une version dépouillée, où le violon remplace la guitare électrique.
Racoleur? Un peu. Mais diablement efficace. Si Bon Jovi en faisait moins, on leur reprocherait leur flegme. Et à en juger par les larmes de certaines qui s'imaginaient étendues sur ce lit de
roses, le manège a fonctionné.
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En concert ce soir au Centre Bell, avec Hedley en première partie.
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